Nuno Oliveira à travers la presse de son époque

7 janvier 2019

-1959

Classé dans : Non classé — nunoliveira @ 15 h 53 min

1959

6 janvier 2019

Ici repose Nuno Oliveira, Santo Estêvão das Galés

Classé dans : Non classé — nunoliveira @ 18 h 47 min

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N.O tombe 1

dufresne1

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26 décembre 2018

-1973

Classé dans : Non classé — nunoliveira @ 16 h 32 min

1973 001

23 décembre 2018

Jeanne Boisseau sur Nuno Oliveira

Classé dans : Non classé — nunoliveira @ 15 h 07 min

Au fil de ces séjours au Portugal, j’avoue ne pas avoir beaucoup cherché à découvrir les beautés du pays. Le maître se levait aux aurores, montait plusieurs chevaux le matin avant la première reprise collective, déjeunait rapidement, montait de nouveau en début d’après-midi avant la deuxième reprise collective. Si certains profitaient de leur stage pour faire du shopping-dentelle-et-faïence ou pour aller faire trempette dans les froides eaux de l’Atlantique en dehors des deux heures quotidiennes de cours, moi je n’avais qu’une seule envie : me lever assez tôt pour ne rien rater de ce qu’on pouvait observer dans la petite tribune fraîche ; y être seule, sans que le maître des lieux ne le remarque, me semblait le comble du plaisir volé. Quand je dis seule….il y avait en fait toujours un artiste lyrique qui chantait sa peine ou son amour dans les baffles installés dans le manège. Oliveira était fou d’opéra, il s’en nourrissait, y puisait son inspiration et il fallait parfois supporter les crachotements de quelque vieux disque de collection…

On a tout dit, ou essayé de dire, sur la position à la fois écrasée et légère du postérieur d’Oliveira à cheval, sur son dos tellement fort qu’il poussait, tenait, infléchissait sans jamais cirer la selle, de ses mains prolongeant des bras prolongeant eux-mêmes ce dos. Tout se tenait sans effort apparent, les jambes étaient molles, le corps semblait suivre chaque ondulation en frémissant, posé là sur le cheval de la façon la plus évidente qui soit. L’adresse du dresseur n’était pas seulement due à son talent : elle était le fruit d’années de travail sur un nombre impressionnant de chevaux, d’heures passées à réfléchir (à méditer disait-il) sur les problèmes posés et à lire les grands ouvrages d’équitation, en particulier ceux ayant formé l’ossature de l’équitation française. Déjà un peu épais lorsque je le vis pour la première fois, Oliveira n’était peut-être pas le plus bel écuyer du monde mais il m’a toujours paru le moins contestable, tant il faisait corps avec son partenaire, au point que la concentration de ses chevaux les rendait totalement perméables aux moindres indications données – souvent d’ailleurs seulement suggérées. Je trouvais que cet homme avait quelque chose de l’albatros qui dans les airs se meut avec magnificence et agilité, et sur terre est empêtré dans ses ailes, comme handicapé, jusqu’à ce qu’il prenne à nouveau son envol. A pied, Oliveira se déplaçait sans grâce, d’un pas haché et lourd ; ses mains épaisses tenaient difficilement la fourchette, froissaient immanquablement la feuille de papier saisie, vous broyaient le bras en voulant attirer votre attention. Mais, à cheval, il était l’aisance même : relaxation, aides d’une fulgurante précision agissant et cessant d’agir dans le quart de seconde, mains tranquilles mais non passives, jambes déclinant toutes les actions possibles, de l’attaque au doux frôlement du mollet en passant par le délicat pincer de l’éperon. Tout ça était bien sûr captivant à découvrir. Je l’ai vu travailler nombre de chevaux, du bon au très médiocre, de toutes races et de toutes conformations, et, toujours, le résultat était optimal. Tous les chevaux ou presque étaient dignes de lui. Patience, amour insensé, obstination, rigueur, savoir-faire, orgueil et humilité : l’écuyer était vraiment hors du commun. Et l’homme plein de contradictions. 
Lorsque la tribune de son manège était bondée, Oliveira levait parfois la tête et, la plupart du temps, la laissait retomber sans faire plus de cas de toutes ces paires d’yeux. Il continuait son travail sans rien changer, au pas pendant une heure s’il en avait décidé ainsi, redemandant vingt fois un départ au galop à droite si tel était le sujet du jour, sans se préoccuper le moins du monde de la déception ou des critiques éventuelles des spectateurs frustrés. D’autres fois, son œil noir reconnaissait un nouvel arrivant, il le saluait avec chaleur ou froideur. Ou bien encore, si un ennemi supposé était là, ou si un témoin digne d’intérêt attirait son attention, l’œil noircissait un peu plus. Il continuait de travailler et, en descendant de cheval, s’emportait brusquement, un doigt posé sur le milieu du front tel l’inspecteur Colombo, vociférant que « Certains abrutis » pouvaient bien trouver que la nuque de son cheval n’était pas ce jour-là le point le plus haut dans son travail au piaffer mais que « Ces abrutis » seraient incapables de comprendre qu’il s’agissait d’un petit « piaffotement en avançant », destiné à parfaire l’équilibre sans creuser le dos. Car la rondeur était son obsession, son Graal, sa recherche fondamentale. Recherche qui trouvait son application dans un rassembler hautement productif, dans le travail d’école mais pas seulement. Car il peut sembler surprenant que ses plus sincères admirateurs ont été souvent des cavaliers sportifs, de William Steinkraus à David O’Connor en passant par le général Pierre Durand ou George Morris, sans compter les anonymes. Cavaliers qu’il accueillait avec chaleur et estime (« Au moins, ceux-là, ils savent ce qu’est le mouvement en avant ! »). On connaît l’histoire de Bernard de Fombelle qui, découvrant l’équilibre et l’impulsion de ses chevaux, fit installer quelques barres et les sauta allègrement en s’exclamant « C’est ça l’équilibre ! ». Par contre, quelque spécialiste de Dressage soufflait parfois : « Ca ne trotte pas… ». Il s’agissait en général d’un cheval à la très modeste locomotion mais dont l’équilibre lui permettait d’évoluer sur une petite surface, dans une cadence métronomique sans le soutien constant des aides, enchaînant voltes serrées, demi-voltes, épaules en dedans et appuyers dans une calme mais maximale énergie…Avec, de temps en temps, ce petit test consistant à ouvrir les doigts et avancer la ceinture pour vérifier que le cheval étendait l’encolure vers le bas ou développait l’allure. Ces mêmes usagers du rectangle se plaçaient parfois au centre de la tribune, inclinaient le buste en avant, fermaient un œil et chuchotaient « Entablé, entablé ! ». Effectivement, Oliveira entamait parfois un appuyer par les hanches, engageant fortement les postérieurs sous la masse, les deux bouts en dedans. Il effectuait pendant quelque temps ce travail « les hanches devant », m’expliqua Bettina Dummond, afin d’améliorer l’amplitude du geste de l’épaule extérieure lorsqu’il travaillait les chevaux ibériques, leur grande flexibilité de la base de l’encolure leur permettant de remonter naturellement l’épaule intérieure, au lieu de s’écraser sur l’épaule extérieure comme chez les chevaux « du nord ». Ce qui ne l’empêchait pas de nous rappeler au cours des leçons « Les épaules d’abord… ».  A propos de conseils, les incitations les plus fréquentes entendues par les stagiaires étaient : « Relaxez-vous », « La cadence, la cadence… », « Votre cheval n’est pas en avant ! » mais «Ne vous servez pas tout le temps de vos jambes, je veux des troncs à cheval ! », « Votre cheval court, ralentissez » mais « Ne tirez pas, on ne tient pas un cheval avec ses bras ! ». « C’est le cheval qui trotte et qui galope, pas vous… ».  Formulations certes destinées à des élèves mais significatives de l’équitation qu’il pratiquait lui-même.
Il existe un certain nombre de bonnes photos d’Oliveira. Mais je ne connais personnellement pas de trace filmée qui rende compte de la beauté de son travail, de la lente et fulgurante progression de chaque leçon donnée à ses chevaux, de leur attitude harmonieuse à tous les stades de leur dressage, de leur impulsion magistrale. Pourquoi ? Je ne sais pas, peut-être n’aimait-il pas être filmé, peut-être le fut-il dans de mauvaises conditions, toujours est-il que je n’ai rien vu qui rende justice à son art. Ce qui était convaincant, par contre, c’était d’observer, d’épier ses actions et les réactions correspondantes du cheval, de fixer son attention pendant quelques minutes sur ses mains, ou ses jambes, ou son dos. Quels que soient les cavaliers auprès desquels je me trouve, j’aime particulièrement ce travail deguetteur - le seul inconvénient étant que si vous n’êtes pas capable d’opérer dans votre corps un petit transfert de ce que vous aimez voir, c’est le désenchantement assuré…
Nous savons tous que lorsqu’on monte un bon cheval derrière un bon cavalier, l’impression est généralement fort agréable ; que lorsqu’on confie son propre cheval à meilleur cavalier que soi, la sensation qui suit immédiatement s’en trouve généralement améliorée. Mais quand il s’agit de Nuno Oliveira… Nous sommes quelques cavaliers ordinaires – en dehors bien sûr de ses vrais élèves ou confrères – à qui il a fait le plaisir de nous offrir de monter ses propres chevaux. Cette expérience était plus parlante qu’un long discours : cheval devant vous, concentré, moteur réglé au maximum, léger aux jambes, léger à la main, dans un équilibre vous donnant l’impression de pouvoir demander et recevoir aussitôt, circuler dans tous les sens, sauter n’importe quoi, réduire ou allonger l’allure ; vous compreniez que l’ardeur pouvait être sereine (ou la sérénité ardente) et le monde vous appartenait pendant quelques minutes… (« Les rencontres extraordinaires d’une cavalière ordinaire »)
 

21 décembre 2018

Nuno Oliveira

Classé dans : Non classé — nunoliveira @ 14 h 29 min

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15 décembre 2018

IMPOSTOR

Classé dans : Non classé — nunoliveira @ 17 h 27 min

nuno oliveira

6 décembre 2018

Nuno Oliveira

Classé dans : Non classé — nunoliveira @ 17 h 54 min

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